Comme vous avez pu le lire dans notre precedent article, nous cherchions un peu plus de challenge. Alors nous avons profite d'etre dans les contreforts de l'Himalaya pour nous aventurer plus profondement dans la montagne. Un sacre periple de plusieurs jours, qui a commence par... 9 heures de bus indien sur des routes escarpees de montagne ! Oui ca a ete dur, tres dur meme, surtout pour les nerfs. La carrosserie des bus en temoigne, repeinte par le vomi des passagers au coeur mal accroche. C'etait le relais pour les places cote fenetre ! On parle de routes, mais en realite c'etait de la piste rocailleuse, ou on a bien derape. Heureusement quelques haltes imprevues nous ont permis de recuperer (route effondree, glissement de terrain, deux bus qui se croisent mais qui ne peuvent pas passer...). On est quand meme pourtant bien rode, mais on a quand meme bien souffert sur cette maudite route.
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| La, faut attendre que le tractopelle ait fini de deblayer la piste a cause du dernier glissement de terrain. |
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| Cool, on a creve, on va pouvoir faire une pause ! |
Nous arrivons finalement a destination, creve ! Apres une bonne nuit de sommeil (...), nous sommes enfin pret a crapahuter. Un mot sur notre parcours, atteindre Har Ki Dun, un refuge situe a 40 kilometres loin dans la montagne accessible uniquement a pied. On a longtemps hesite a prendre un guide, et meme une mule ! Finalement, sur conseil des premiers habitants rencontres et d'autres randonneurs, on decide de partir seuls a l'aventure.
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| Haa on est frais la, on fait les kekes, on en reparle dans quelques jours ! |
Bon, on se rend vite compte que l'itineraire est tres bien balise, ouf, on a bien fait de pas prendre de guide. Ni de mule, on s'est allege en prenant le strict necessaire. C'est parti !
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| Les paysages commencent fort |
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| Des petits ponts improvises suite aux eboulements. |
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| Des cultures qui colorent les flancs de montagne. |
Vous imaginez bien que toute cette marche ca donne soif. Evidemment ne comptez pas sur un vendeur ambulant pour vous vendre un delicieux coca ou meme de l'eau minerale. Pour l'eau, systeme D, on rempli nos bouteilles vides directement dans les cours d'eau. Haaaaa l'eau pure de la montagne, des mineraux, des oligo-elements, des algues, des parasites, des amibes... Merci micropur.
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| Croyez nous, pas besoin de glacons. |
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| "Oooh punaise...! Ca grimpe ca grimpe. Djool au prochain arbre on fait une pause." |
On croisera quelques villages sur notre itineraire. De vrais villages de montagne, avec leurs maisons en bois, toits en taule voire en ardoise, et leuirs habitants amuses de voir passer des etrangers tout essouffles. Leurs sourires nous donneront des forces pour continuer a avancer. On soignera meme un papi qui s'est blesse a la main avec son marteau, a coup de desinfectant (!!!), meme si une attele aurait ete plus efficace... Mais bon, ca lui a fait tellement plaisir. Un pshiiit et ca allait deja mieux... si ca c'est pas de l'effet placebo.
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| Qu'est ce qu'on en a bave pour arriver dans ce village... |
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| On fait secher sur le toit et en plus ca isole un peu plus du froid. |
On croisera de nombreux montagnards durant notre trek. Meme si on ne comprend pas un mot de leur dialecte local, on reussira a partager de bons moments et a avoir de bons fous rires. On a moins rigole quand on a ete suivi par un fou. Croyez nous, en pleine montagne, isoles, on etait aux aguets. (Djool : "Joe Joe, j'ai peur qu'il nous pousse dans le ravin.). Les habitants le connaissaient bien et nous ont meme aide a nous en debarrasser.
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| Cette paysane passe ses journees a bosser dans les champs. Pas facile. |
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| Ici, les gosses preferent les chevres aux chiens. |
On aura souvent du faire preuve d'agilite pour traverser certains passages plus delicats et dangereux. Les moussons sont tres violentes et on a ete surpris du nombre et de la taille des glissements de terrain. Des pans entiers de montagne ont fini au fond des ravins.
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| Faut pas trainer dans ce genre d'endroit. |
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| C'est ti pas mimi ca ? |
Concernant l'aspect pratique, on arrivera a se loger dans les refuges tenus par le gouvernement. Tout le confort occidental disponible : pas d'eau, pas d'electricite, des matelas humides, des murs moisis et decrepis, des araignees enooormes... Bon on va pas pinailler, apres tout on l'a bien cherche, alors on se contentera d'un matelas et d'une bonne grosse couette bien crade pour les nuits tres froides.
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| Tiiiin Diiiiiiiiiiiinn ! |
Au petit matin il fallait de la niaque et du mental pour continuer a grimper toujours plus haut vers Har Ki Dun. Le premier jour on arretait pas de piailler, mais des le second c'etait deja le regard droit vers ses pieds, concentre, et silencieux. Il y a parfois des silences qui en disent long...
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| On apercoit les premiers monts enneiges. Courage ! |
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| "Ouuuf Ouuuf , tu sais Djool, ouf, j'aime bien la montagne... mais je crois que je prefere la plage ." |
Question alimentation, c'est pas de la grande gastronomie. On a du se contenter du meme plat toujours et encore pendant plusieurs jours midi et soir : riz, chappatis, lentilles et patates... prepare par des locaux dans des petites gargottes pres des refuges. Et vous savez a quel point l'aspect culinaire est tres important pour nous. Mais bon on a mange, c'est deja ca. Mais ne nous parlez plus de biscuits ! On s'en ait tellement envoye pour lutter contre les coups de mou et finir de remplir l'estomac qu'on ne peut plus en avaler avant un bon moment.
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| Des qu'on a pu on s'est envoye une soupe de nouilles instantannees (Maggie)...sans la soupe ! Drole de facon de les preparer. C'est du concentre, ca arrache (merci le curry), c'est pas bon, mais alors que ca fait du bien. |
Parlons un peu de la vie des montagnards qu'on a rencontre et qu'on a vu travailler. Faut etre sacrement costaud pour vivre de facon si rude. Leur vie est vraiment pas facile a cause du climat et du travail dans les champs en pente. Ils passent leurs journees a travailler la terre et a recolter du fourrage pour le betail. Pour ne rien arranger, ils doivent se taper des kilometres a pied pour acceder a leurs champs. Alors, quand il faut revenir charges comme des mules jusqu'au village, faut avoir des ressources.
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| Un convoi de fourrage... "Allez les gars, plus que 4 km..." |
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| Djool s'essaiera meme a l'exercice du port de paille. Hyyyper lourd !! On le voit pas sur la photo mais elle n'a pas pu decoller le tas du muret sur lequel il reposait. |
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| "Joe.... j'ai l'impression qu'on n'a pas beacoup avance depuis taleur..." |
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| Des gamines sympas. |
Apres 40 km de grimpette, quel bonheur d'apercevoir au loin le dernier refuge de notre periple ! On arrive a 3600 metres d'altitude a Har Ki Dun, entoures de hauts sommets, certains a plus de 7000 metres ! Paysages rocailleux, desertiques, de sommets enneiges, de glaciers.... On y est, on l'a fait !!!
Pour nous recompenser, on se paiera le soir un bon repas de riz, de chappattis, de lentilles et... de patates biensur ! Mais des la fin d'apres midi, il fait un froid de canard (ca gele la nuit), alors on s'agglutine autour du feu et on tape la causette avec les indiens (des guides, des porteurs et d'autres randonneurs). Les soirees sont quand meme longues alors on attend impatiemment le diner pour vite aller se coucher dans le dortoir rempli d'indiens bruyants.
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| Yeeeeaaaah ! |
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| Belle recompense a l'arrivee. |
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| Les places pres du feu sont cheres. Dommage que par souci d'economies, ils ne mettent pas une bonne grosse buche. |
On fera le retour sans trop de difficultes... He oui, ca fait du bien quand ca descend ! Du moins, au debut. Nos mollets vont prendre tres cher. Ca va piquer pendant plusieurs jours. Et bonjour la demarche robocop !
Et on aura eu de la chance parce que le soleil ne nous aura jamais fait defaut. On aura evite de justesse de gros orages, la neige et la pluie glacee.
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| Des convois de mulets pour les groupes de randonneurs indiens (feineants !). |
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| Papi fier de nous preparer un petit plat avec les moyens du bord. |
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| Une mamie trop fiere et des gamins trop mimi. |
Cet itineraire est principalement frequente par des touristes indiens qui sont plutot en mode "ballade". En ce qui nous concerne, on aura rendu ce trek un peu plus sportif avec un rythme assez soutenu, avec des journees a 25 km ou encore 28 km. C'est donc vannes qu'on quittera l'Himalaya mais reellement contents d'avoir passe plusieurs jours isoles dans les montagnes, loin de tout, loin du bruit, avec des paysages a couper le souffle (et il en fallait.... du souffle !). C'etait genial, intense. Ca nous a vraiment fait du bien dans notre voyage, on avait besoin de ca. Que de bons souvenirs !
On avait quand meme hate de retourner a la civilisation pour enfin pouvoir prendre une bonne douche (ne le dites a personne mais on n'a pas pu se doucher pendant 6 jours...). Mais encore faut-il se retaper les 9 heures de bus en sens inverse.... (soupir) .....
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| Allez Djool, fais pas c'te tete, promis on va vers le soleil et la chaleur. |
Vous avez pas rencontré Tintin et le Captaine Addock pendant votre périple à la recherche du Yéti? ^^
RépondreSupprimerBonjour les enfants
RépondreSupprimerUn reportage comme je les aime : de la sueur, des paysage de rêve, le confort du siècle dernier et sans doute le bonheur d’avoir l’impression de vivre dans autre monde.
Je vous envie, moi qui sent la chaleur douce de mon chauffage,sans parler de ma douche ou je règle l’eau chaude au degré prêt....
Quand la crise aura vraiment fait son œuvre en occident, vous serez les seuls habitués à ce quelle engendre comme désagrément…..Une sorte de préparation à la vie moyenâgeuse, loin de la société de consommation. Quand manger et se réchauffer deviennent des priorités, plein de petits choses deviennent vite de grands plaisirs…..
Prenez soin de vous, je vous aime Bisous.
El Padre Gilles